L’alimentation du jeune enfant est très importante pour le bon développement de ses capacités physiques (moteurs) et psychiques. Pour cela, il est important de comprendre l’évolution de son alimentation durant les trois premières années de sa vie et de bien comprendre le terme de néophobie alimentaire pour pouvoir lutter contre.

L’évolution du goût chez le jeune enfant

L’éveil au goût d’un individu se fait surtout durant les trois premières années de sa vie. Cet éveil sur trois ans se décompose en 4 périodes :

-De 0 à 4 mois ;
-De 4 à 6 mois ;
-De 6 à 12 mois ;
-De 12 à 36 mois.

De 0 à 4 mois, l’enfant ne connaît que le goût du lait maternel ou des préparations infantiles. Des études présentées par le haut conseil de la santé publique dans le rapport nommé « Avis relatif à la révision des repères alimentaires pour les enfants âgées de 0-36 mois et de 3-17 ans » ont montré que les saveurs des aliments consommés par la mère peuvent être transmises au lait maternel et donc influencer les préférences gustatives de l’enfant (cf. L’allaitement de bébé).
De 4 à 6 mois, l’introduction des aliments solides débute avec des purées de légumes ou de fruits. Cette période revêt une grande importance pour l’éveil du goût chez l’enfant, car il découvre alors de nouvelles saveurs et textures. Il est conseillé d’introduire les aliments un par un, en commençant par des légumes, afin d’éviter qu’il ne développe des préférences pour les aliments sucrés.
De 6 à 12 mois, l’enfant continue d’explorer de nouvelles saveurs et textures avec une introduction progressive des céréales, des viandes, des poissons et des œufs. Il est primordial de lui proposer une alimentation variée et équilibrée, en veillant à respecter ses besoins nutritionnels.
De 12 à 36 mois, l’enfant affine ses préférences gustatives et commence à exprimer ses choix alimentaires. Pour continuer à promouvoir une alimentation saine, il est essentiel de lui offrir une diversité d’aliments équilibrés, tout en limitant les aliments riches en sucre, en sel et en graisses saturées. Les parents peuvent encourager leur enfant à découvrir de nouveaux aliments en les présentant de manière ludique et attrayante.

La néophobie alimentaire

Les manifestations de la néophobie alimentaire chez les enfants peuvent varier d’un individu à l’autre. Certains enfants peuvent trier les aliments dans leur assiette et écarter l’aliment nouveau, tandis que d’autres peuvent l’analyser attentivement, le mâcher longuement, grimacer, recracher l’aliment après avoir été forcés à le mettre en bouche, ou refuser catégoriquement d’ouvrir la bouche ou repousser la cuillère. Les signes de la néophobie alimentaire peuvent donc être très différents d’un enfant à l’autre.

La néophobie alimentaire est une phase normale du développement chez les enfants et elle peut se manifester de diverses manières, allant de la simple grimace au refus de toucher l’aliment. Les professionnels d’éducation de l’enfance peuvent accompagner les enfants pour surmonter leur peur des aliments nouveaux en leur présentant de manière répétée ces nouveaux aliments, tout en les encourageant à les goûter, sans les forcer. Il est aussi possible d’organiser des activités ludiques centrées sur la découverte des aliments, telles que la cuisine ou le jardinage.

L’accompagnement parental dans l’alimentation du jeune enfant

Les parents du jeune enfant jouent un rôle très important dans l’accompagnement pour une alimentation saine et équilibrée.
Les parents doivent toujours favoriser une diversité alimentaire dès le plus jeune âge pour prévenir la néophobie alimentaire. Ils doivent être attentifs à l’appétit de leur enfant pour reconnaître ses signaux de faim et de satiété. Il est aussi important de toujours surveiller la croissance pondérale de leur enfant (courbes de poids & courbes de corpulence). La création d’un environnement alimentaire sain va permettre aussi d’accompagner l’enfant dans le développement de bonnes habitudes alimentaires. En parallèle avec ce point, l’environnement doit être créé autour d’une alimentation variée et équilibrée en respectant les besoins nutritionnels de l’enfant. Lutter contre la néophobie alimentaire, c’est aussi encourager son enfant à goûter de nouveaux aliments, en les présentant de manière ludique et attrayante.